vendredi 26 avril 2013
Mais c'est quoi au juste, le féminisme ?
Il ne faut pas avoir honte du mot féminisme dès lors que l'on aspire à l'égalité entre les sexes. Toute personne révoltée par le fait que des femmes puissent ne pas avoir les mêmes droits que les hommes est féministe. Les féministes officielles n'ont pas le monopole du féminisme, pas plus que les mouvements nationalistes n'ont le monopole du patriotisme. Vous trouvez injuste que les femmes gagnent en moyenne 25% de moins que les hommes ? Alors vous êtes féministe. Que vous soyez une femme ou un homme. A moins d'être masochiste, toute femme devrait se dire féministe. Tout homme aussi. Pourquoi ? Parce qu'il y gagne, si, si ! Historiquement, le féminisme a libéré les hommes autant que les femmes. L'avènement de la contraception a transformé la vie des femmes et des hommes. Votre grand-père était obligé de pratiquer le coïtus interruptus, sinon vous auriez six oncles et tantes supplémentaires. Vous voyez bien, Monsieur, que le féminisme est une bonne chose pour vous aussi.
dimanche 14 avril 2013
Seins dessus dessous
Les seins font encore parler d'eux, cette fois suite à une pseudo étude consacrée au soutien-gorge. L'auteure de l'article rappelle qu'en 1968, les femmes envoyèrent valser le soutien-gorge en signe de libération. Ce qu'elle ne dit pas, c'est que le soutien-gorge fut longtemps interdit dans les prisons françaises. C'était une façon d'humilier les détenues, peut-être aussi de les empêcher de se pendre. Elles se retrouvaient en position d'infériorité face à des gardiennes dûment soutenues. Le soutien-gorge peut donc être, aussi, l'attribut de la liberté. C'est toute l'ambivalence des symboles.
Et enfin, une étude montre que les hommes pauvres seraient attirés par les gros seins, qui seraient une promesse de bien manger... http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/03/28/le-plantureux-mystere-du-sein-permanent_3149806_1650684.html
mardi 2 avril 2013
Taille réelle
Les femmes rondes étaient à la mode du temps où manger plus que nécessaire était un privilège de riche. Le glissement des valeurs auquel nous sommes en train d'assister annonce-t-il un bon en arrière où seuls les nantis auront les moyens de s'empiffrer ? Ou témoigne-t-il simplement de la victoire d'une industrie agro-alimentaire cynique et toute-puissante ? Pendant qu'on se révolte contre la norme de la minceur, pense-t-on à s'insurger contre les chaînes de fast-food qui nous empoisonnent et nous font grossir (en nous montrant de belles femmes minces se gavant de produits sucrés ) ? Une femme est-elle plus libre et plus heureuse en laissant s'accumuler des kilos superflus qui lui donnent diabète et cholestérol, réduisent sa mobilité, bref, la cantonnent une fois de plus à la maison ?
A lire aussi : http://www.acrimed.org/article3913.html
vendredi 8 mars 2013
L'âge de Mademoidame
samedi 23 février 2013
Des demoidames qui en ont
A leur sextremism, Lydia Guirous oppose dans le Huffington Post une condamnation sans appel. Elle leur reproche de mettre à mal et le féminisme, et le pacte républicain. "La laïcité" écrit Mademoidame Guirous, "n'est pas un anticléricalisme forcené, pas plus qu'elle n'invite à l'athéisme ou à l'agnosticisme." Mademoidame Guirous s'inspire visiblement de George W. Bush. Elle ne semble pas plus férue d'histoire que lui. Elle ratisse en tout cas très à droite. Lui arrive-t-il de réfléchir au sens des mots ? Ouvrons pour elle le dictionnaire :
"Agnosticisme : doctrine d'après laquelle tout ce qui est au delà du donné expérimental (tout ce qui est métaphysique) est inconnaissable." L'agnosticisme, dans un pacte républicain, c'est le bon sens minimum. Une république qui ne prône pas l'agnosticisme et ne repousse pas les croyances dans la sphère du privé ouvre la porte aux créationnistes et aux ayatollahs. Et que peut bien être un féminisme qui s'accommode de la religion, premier instrument de l'oppression des femmes ? En souvenir de ma grand-mère charcutière, appelons ça de l'eau de boudin.
jeudi 14 février 2013
Sexe, vaisselle et rock'n roll
M'intéresse ici le commentaire d'un des chercheurs : «Il existe une sorte de scénario sexuel bien défini par le genre, dans lequel se conduire selon ce genre est important pour la création du désir sexuel (...)" En clair : la différence sexuelle nous excite. C'est probablement vrai puisque des couples homos la reproduisent. Ce serait la preuve aussi que tout se passe largement dans la tête. Le symbolique, quoi. La psychanalyse et l'ethnologie nous avaient déjà mis sur la piste. Nous sommes mus par nos représentations. Nous voudrions croire dur comme fer qu'elles sont inscrites dans la nature parce que des institutions dépensent des milliards et des millards de dollars pour essayer de le prouver. C'est que c'est un enjeu politique, au sens premier du terme : organisation de la société. Bonne occasion de reparler du numéro de Sciences et avenir consacré au neurosexisme : http://odilesolomon.typepad.fr/files/sciencesaveni-dossier_fév2012.pdf .
Illustration trouvée sur Facebook, source inconnue mais la faute d'orthographe indiquerait plutôt une origine récente.
samedi 26 janvier 2013
Demoidame Nature
La science elle-même, qui se présente comme une mesure objective du monde, est loin d'être aussi neutre qu'elle le prétend. Ce n'est pas pour rien qu'une branche de la philosophie s'appelle l'épistémologie. Avec quelle énergie on a voulu faire dire aux hormones que les hommes venaient de Mars et les femmes de Vénus ! A celles et ceux qui croiraient encore à ces fables, je recommande la lecture du dossier paru dans Science et avenir : http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/fondamental/20120126.OBS9885/neurosexisme-la-guerre-est-declaree.html. Les implications de ces batailles ne sont évidemment pas anodines. Ce que l'on essaye de faire dire à la nature détermine in fine une organisation sociale. A toujours ramener les femmes à leur fonction reproductive, on perpétue les inégalités de genre. Or, pas plus qu'un homme une femme n'est faite pour avoir des enfants. Elle porte en elle cette possibilité, tout comme un homme ; libre à elle d'en user, ou pas. Rien ne l'y oblige au vingt-et-unième siècle, si ce n'est une faramineuse pression sociale dont il a déjà été question sur ce blog. On nous a tellement bassiné(e)s avec la prétendue horloge biologique qu'on a fini par la visualiser comme une pendule à la gare Saint-Lazare. C'est juste une métaphore, une vue de l'esprit et, surtout, un argument marketing : les enfants font consommer. La quête d'un homme avec qui faire un enfant est elle aussi un levier de consommation. Une population abondante représente avant tout un marché. Et peu importe que le travail soit de plus en plus fait par des machines à la place des humains voués au chômage ou que les ressources sur terre s'amenuisent à mesure que croît la population, priorité à la croissance, après nous le déluge ! Faites des petits soldats qui s'entretueront et d'autres qui reconstruiront, faites des petites bonnes femmes qui feront de petits soldats qui s'entretueront et qui reconstruiront, ça fait tourner le monde et l'économie ! Puisqu'on vous dit que la nature l'exige !
samedi 5 janvier 2013
Mademoidame en beauté
Ainsi le mot mademoidame serait moche. L'argument esthétique semble imparable à première vue mais il ne veut rien dire, sinon un rejet de principe. Qu’est-ce que la beauté, la laideur ? L’histoire et la sociologie n’ont-elles pas montré que les critères du beau sont avant tout ceux de la classe dominante ? Dans notre monde de démagogie numérique, le beau est aussi devenu le marketté, le cliqué, le laïké, le retweeté, bref le médiatisé, le vulgarisé, pour ne pas dire le vulgaire. Est perçu comme beau ou bien ce qui a été vu à la télé, ce qui a été approuvé par d’autres, ce qui est lancé à grands renforts de campagnes de communication et de buzz. Personne n’a jamais pensé à trouver horrible le nom de marque Asus, pourtant c’est un mot particulièrement laid en français. Ben si, c’est comparable. Et je ne vois vraiment pas en quoi des gens de marketing seraient plus légitimes que moi pour propager un terme.
Dès mars 2011, j'ai invité les gens à suggérer des alternatives à mademoidame s’ils en trouvaient, et personne n'a jamais envoyé la moindre proposition. Attention, il faut que le mot soit immédiatement compréhensible. Les esprits chagrins auront beau dire, on comprend mademoidame d'un seul coup, à l'oral comme à l'écrit. Mademoidame est un mot que j’emploie tous les jours, et jamais personne ne m’a jamais regardée de travers. Le sens de mademoidame est limpide, évident : ce mot fonctionne.
Certaines personnes ont essayé de rationaliser leur réticence en déclarant mademoidame “ trop long ”. Or, mademoidame a une lettre de moins que mademoiselle et le même nombre de syllabes exactement. Quelqu'un aurait même reproché à mademoidame de ne pas avoir de “ fondement étymologique ”. A ce compte-là, on ne pourrait plus inventer aucun mot ; il faudrait avec vigueur rejeter nutricament, formé de deux mots existants, exactement comme mademoidame, or personne à ma connaissance ne s’est insurgé contre nutricament.
Ces critiques sont complètement irrationnelles. Elles visent à ce que surtout rien ne change. On peut se demander pourquoi. Puisqu’il est question d’esthétique, est-ce que c’est beau, de faire savoir à une femme qu’on la trouve laide et vieille ou jeune et jolie selon qu’on lui dit madame ou mademoiselle ? Au nom de quoi voudrait-on faire perdurer cette pratique insultante ?
Il me reste à vous souhaiter, Mesdemoidames et Messieurs, de belles choses pour l'année qui commence.
samedi 15 décembre 2012
Des sujets anecdotiques
Il est vrai qu'il se passe des choses infiniment dramatiques de par le monde et même en bas de chez moi. Mais, à ce compte-là, il ne faudrait plus jamais parler de Carla Bruni ni d'aucun footballeur. Nous sommes dans une civilisation de l'anecdote. On ne cesse de nous échauffer l'esprit sur des questions marginales pour nous faire oublier que de graves décisions sont en train de se prendre sans notre consentement. Le mariage pour tous est un de ces sujets à mes yeux. Je n'ai rien contre les homosexuel(le)s : qu'ils et elles se marient si ça leur chante bien que je comprenne mal ce désir de conformité. Si, si, je sais, ils et elles veulent se marier pour avoir des enfants. Mais je n'en parlerais pas si je ne venais pas de lire sur lemonde.fr un article signé par Yvette Roudy, Thalia Breton et plusieurs autres personnalités. On vous y explique que le mariage pour tous doit - au nom de l'égalité, s'il vous plaît - mener à la procréation médicalement assistée mais surtout pas à la gestation pour autrui. En d'autre termes, seules les lesbiennes auraient le droit d'avoir des enfants ; les hommes gay, eux, seraient exclus de ce droit au nom de l'égalité. On en rirait si ce n'était que ridicule. Mais c'est aussi, derrière une facade progressiste, carrément rétrograde puisqu'il il s'agit d'une exaltation du mariage et de la maternité. Ce combat prétendument féministe rappelle un peu celui des jeunes filles qui se battent pour porter le voile au nom de la liberté... Ce n'est pas en exaltant le mariage et la maternité qu'on va faire évoluer la condition des femmes. Ce combat touche une minorité de personnes ; il est infiniment plus anecdotique que la question madame/mademoiselle, qui concerne absolument toutes les femmes.
mercredi 5 décembre 2012
Spectacle
Personnellement, quand il m'arrive de présenter un spectacle, je dis " Mesdemoidames et Messieurs". Et vous ?
dimanche 25 novembre 2012
Des violences faites aux femmes
Pour vraiment abolir la prostitution, il faudrait abolir tout marché, jusqu'à la possibilité de faire du troc. Or, le capitalisme a triomphé. Tout s'achète et tout se vend : les semences végétales, les organes humains, la gestation pour autrui, pourquoi pas un service sexuel ? Il se trouve des prostitué(e)s pour vouloir exercer leur activité librement : au nom de quelle morale les en empêcherait-on ? Les abolitionnistes rétorquent qu'il y a peu de prostituées indépendantes et qu'il faut abolir la prostitution pour sauver les femmes enrôlées de force. En ce cas, le débat devrait porter moins sur la prostitution que sur les organisations criminelles. Mais ce serait pour l'Etat une manière d'avouer son impuissance face aux mafias. Mieux vaut s'en prendre aux clients, plus faciles à épingler. La prostitution disparaîtra peut-être des rues de Paris mais elle refleurira dans les salons de massage, sur Internet et/ou à quelques milliers de kilomètres, la distance n'est plus un problème. Et on ne voit pas comment la prostitution, même un instant éradiquée de notre territoire, ne réapparaîtrait pas en un clin d'oeil puisqu'on est en pleine récession. A supposer qu'une politique prohibitionniste puisse être la solution, le moment est mal choisi.
Bien que le mouvement abotionniste soit porté par les féministes, la prostitution ne concerne pas uniquement les femmes et toutes ne sont pas contraintes de se prostituer par un réseau de proxénétisme. Il existe des prostitués hommes ; il y a des prostituées femmes indépendantes qui revendiquent le droit d'exercer leur activité de manière indépendante ; c'est peut-être avant tout un problème de gangstérisme, d' "entreprises" illégales et/ou de contrôle de l'immigration. Les prohibitionnistes, aussi bien intentionnés soient-ils, rappellent un peu la médecine allopathique qui traite les symptômes faute de savoir s'attaquer aux causes. Quant aux personnes qui en viennent à se prostituer, elles seront condamnées à une clandestinité accrue, donc à plus de dangers. Au fait, quelle reconversion proposera-t-on aux futur(e)s ex-prostitué(e)s ? Mademoidame Valaud-Belkacem aurait-elle oublié de penser à ce détail ?
mardi 13 novembre 2012
Mademoidame ou mad-maman ?
Bien qu'Elisabeth Badinter ait montré, dans L'Amour en plus, que le supposé "instinct maternel" est une construction historique et que les enfants n'ont pas toujours fait l'objet d'un culte béat, les mentalités ont du mal à suivre. Nos contemporains s'accrochent désespérément à l'équation femme = mère. Si encore on se contentait d'un seul enfant par femme. Il ne devrait plus échapper à personne, en cette fin 2012, que les ressources de la terre sont limitées, qu'un milliard d'êtres humains crève déjà de faim, et que le monde tourne de plus en plus au moyen de machines. Plus de machines = moins d'emplois, donc une concurrence accrue entre les êtres et les peuples, le tout dans un environnement écologique déjà fortement dégradé. Nous avons le choix entre une décroissance démographique globale d'une part, et la guerre et le fascisme d'autre part. Rappelez-vous vos cours d'histoire, l'exaltation de la maternité sous le nazisme, sous Vichy, dans l'Italie de Mussolini. Vous y êtes ? Rien n'est plus politique, Mesdemoidames et Messieurs, que le statut des femmes.
Pour finir avec le sourire, voici un exposé nudiste de Théophile de Giraud sur les dangers de la surpopulation : http://vimeo.com/35596500
vendredi 19 octobre 2012
Mademoidame ou Mademoidame
Non, je ne lui dis pas exactement ça. En fait elle n'est même pas venue sur ce blog avant de me contacter. Elle voudrait juste me faire rencontrer son patron pour que je parle de leur boîte.
jeudi 27 septembre 2012
La courbe de Rogers
Appliquée à mademoidame, la courbe de Rogers montre 1., que je ne suis pas faite pour le marketing et, 2. que les mademoidames militantes sont des avant-gardistes et qu’elles en ont dans l’estomac. Je n’oublie pas non plus les quelques messieurs visionnaires qui nous ont envoyé leurs encouragements. Ni même les simples curieux qui passent voir, juste voir, mais ne demanderaient qu'à manifester leur soutien si je ne répugnais pas tant à le leur demander... J'ai quand même un peu réussi à mobiliser le monde pour le concours Marie-Claire et, rappelez-vous, mademoidame a gagné.
mercredi 19 septembre 2012
Cachez ce féminisme que je ne saurais voir
Je m'empresse de préciser que je n'appartiens à aucune organisation et que je ne me reconnais pas dans le féminisme officiel. Par exemple, je ne suis pas d'accord avec le projet de loi visant à pénaliser les clients de la prostitution ; je pense qu'il aura pour effet de rendre la vie des personnes prostituées encore plus dangereuse et que Morgane Merteuil a raison de dire que les féministes veulent penser à sa place.
http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1352-on-est-des-putes-et-vous-etes-quoi.html
Voir aussi : http://next.liberation.fr/sexe/2012/09/04/le-feminisme-prosexe-proporno-proputes-de-morgane-merteuil_843615
Ne pas être d'accord avec le féminisme gouvernemental n'empêche pas d'être féministe. Il suffit, pour être féministe, de questionner un peu le monde au lieu de le prendre pour argent comptant. Il y a des hommes féministes comme il y a des femmes antiféministes. Rien n'est simple, et surtout pas cette histoire de madame/mademoiselle. J'attends toujours qu'un(e) universitaire s'empare de cette question. Il faut être patient. Si je ne blogue pas plus souvent, ce n'est pas parce que je laisse tomber mademoidame, au contraire. C'est plutôt que l'histoire ne fait que commencer.
Alors pour ceux qui débarquent, ici on dit mademoidame à toute personne de sexe féminin, quel que soit son âge.
Mesdemoidames et Messieurs, bien le bonsoir.
mardi 14 août 2012
Etes-vous commode ou bahut ?
J'ai assisté la semaine dernière à une scène presque insoutenable. Dans un wagon de métro est montée une femme entièrement voilée, avec un masque comme en portent les chirurgiens, accompagnée de son mari. Le voile intégral est interdit en France depuis avril 2011; si ces gens avaient croisé la police, ils auraient été verbalisés. Est-ce le plaisir de la transgression qui donnait à cet homme son air imbécile et autosatisfait ? On aurait dit qu'il promenait son doberman en laisse. Le doberman portait une muselière. Sauf que ce n'était pas un doberman, c'était un être humain. C'était si pénible à voir que les gens se dandinaient sur leur siège. La plus folle de colère était une vieille Marocaine qui ne portait pas le moindre foulard et qui les fusillait des yeux en poussant des soupirs d'indignation.
Dans un système tel que celui incarné par ce couple, une frontière très étanche sépare les dames des demoiselles. Aucune liberté sexuelle n'est possible. Le mariage s'assimile à une transaction par laquelle l'homme acquiert une maison qu'il n'a pas visitée.
Meuble, maison, mais quand donc les femmes cesseront-elles d'être considérées comme des choses dans l'inconscient collectif ? Quand on cessera de les définir par rapport à un homme. Quand enfin on emploiera une civilité qui ne signifie ni fille de, ni femme de, mais qui soit l'exact équivalent de monsieur. Quand, en lieu et place de mademoiselle ou madame, on dira mademoidame.
mercredi 11 juillet 2012
Les yeux au ciel
Les traditions ont la vie dure. Le week-end dernier, Le Monde a consacré tout un dossier à la virginité :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/07/06/la-symbolique-de-la-virginite-reste-tres-forte_1729909_3224.html
Yvonne Knibiehler, historienne présentée comme féministe, déclare que le rite de passage pour les femmes se fait en trois étapes, la troisième étant la maternité. "Pour passer de l'état de fille à l'état de femme, je pense qu'il faut ces trois étapes", déclare-t-elle sans que la journaliste trouve quoi que ce soit à y redire.
Ce genre de propos me fait bondir. Non, féminité ne se confond pas avec maternité ! Oui, on est une femme complète même sans enfants ! La maternité est optionnelle, comme le mariage. C'est même une des grandes conquêtes du vingtième siècle. La maternité est d'autant moins obligatoire que nous sommes déjà trop nombreux, eu égard au nombre d'emplois et aux ressources disponibles. Personne ne le dit parce qu'il faut pousser à la consommation. Le "Croissez et multipliez" de la Bible, à une époque où l'humanité ne se comptait qu'en millions et où la mortalité infantile était élevée, ne se justifie plus au 21ème siècle. Rien ne vous oblige, Mesdemoidames, à être des pondeuses. N'écoutez pas les prétendues féministes, les religieux, les vendeurs de lessive, ni aucun de ceux qui au nom d'une norme vous ramènent encore et toujours à vos fonctions reproductives. Le désir d'enfant n'est pas automatique, c'est à chacune de décider pour elle-même. Dans tous les cas, ce ne sont ni les enfants, ni les hommes qui vous définissent. C'est bien pour ça que je m'évertue à vous appeler Mesdemoidames.
mercredi 27 juin 2012
Mademoidame Trierweiler
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/548367-valerie-trierweiler-future-hollande-ces-francaises-qui-changent-de-nom-comme-de-mari.html
Arrive l'affaire du tweet. Aïe, aïe, aïe ! Revoilà les clichés sur la femme jalouse, méchante et - personne ne le dit mais ça transpire - bête au point de nuire à l'homme qu'elle aime. Elle a beau vouloir continuer à travailler pour subvenir aux besoins de ses enfants, Valérie T. ne véhicule pas l'image d'une femme bien moderne. Surtout que dans Le Point du 21 juin (en ligne), un journaliste suggère de donner des postes officiels aux femmes de présidents... Pour que les machos puissent se gausser de femmes qui obtiennent des promotions.- on ne dira pas canapé mais...conjugales ? Voilà qui ne va pas faire avancer les choses
mercredi 30 mai 2012
Dis bonjour à la demoidame
mercredi 2 mai 2012
Un mot de Mademoidame
Juste un mot pour vous assurer que ce blog n'est pas mort. Si je n'écris pas plus souvent, c'est que je suis monopolisée par d'autres projets. Au reste, le terme mademoidame est une réalité depuis plus d'un an : il suffit de l'employer, de continuer à l'employer, de susciter la curiosité des gens qui tapent le mot dans un moteur de recherche et se retrouvent ici. On m'a parlé d'une boîte qui proposait mademoidame parmi une liste de civilités possibles. Ce sujet mériterait un post à lui seul mais là je n'ai vraiment pas le temps, pas le temps, pas le temps, je note dans mon agenda de les contacter pour les interviewer, maintenant il faut que je file.
jeudi 12 avril 2012
Langage, invention, recherche
Vouloir refaire la langue, c'est vouloir refaire le monde. J'attends la saga qui retracerait l'histoire des créations et/ou utopies linguistiques : l'espéranto, l'hébreu moderne, etc., jusqu'à l'anarchique féminisation des noms de métiers dans le français contemporain.
Moi, si j'étais chercheur(e) ou chercheuse en sciences humaines, c'est aux civilités réservées aux femmes que je m'intéresserais plus particulièrement : madame, mademoiselle, citoyenne, mademoidame et autres madelles. Un sujet original et passionnant qui relève à la fois de la littérature, des sciences du langage, de la sociologie, de l'anthropologie, de l'histoire. Il était encore inexploré en 2006, si j'en crois un livre déjà cité. Quelle bonne idée pour quelqu'un qui cherche un sujet de thèse. Dépêchez-vous mesdemoidames et messieurs.
samedi 24 mars 2012
Mademoidame votre mère
- Elle va bien, je vous remercie.
- Vous lui transmettrez mon bon souvenir.
- Je n'y manquerai pas.
Maman, 76 ans, a adopté mademoidame. Elle m'a demandé l'autre jour de prendre son courrier dans sa boîte à lettres. Elle avait reçu le résultat d'analyses médicales dans une enveloppe auto adressée sur laquelle elle avait écrit madmoidame, suivi de son prénom et de son nom de naissance...
samedi 10 mars 2012
Autant en emporte le mot...
http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-francois-morel-mademoiselle-se-meurt.
Intitulée dans un élan de dramatisation Mademoiselle se meurt, cette chronique illustre à merveille les malentendus implicites et inhérents au débat madame/mademoiselle. Elle montre aussi que, tout comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, M. Morel est peut-être, à son insu, un partisan de mademoidame...
Premièrement - il ne devrait pas être utile de le rappeler mais les réactions sur ce sujet sont tellement dictées par l'émotion : personne n'est en train de mourir à cause d'une évolution de langage. On est ici dans une métaphore nostalgique, proustienne, les chapeaux à voilettes, les déjeuners sur l'herbe, le cinématographe, le Paris des photos de Doisneau... Tout passe irrémédiablement. La nostalgie peut se comprendre car elle trahit notre inquiétude à propos de nous-mêmes : nous aussi, nous passerons, tous autant que nous sommes. On ne peut pourtant pas laisser la nostalgie dicter nos choix, à moins d'être rétrograde. Qui voudrait revenir à la tuberculose, aux guerres coloniales, aux aiguilles à tricoter pour avorter ?
Comme souvent dans ce débat, il y a confusion entre les différents usages des mots madame et mademoiselle. Madame et mademoiselle sont des termes polysémiques. Melle Truc sur une enveloppe ne veut pas du tout dire la même chose que "Hep, mademoiselle!" dans la rue. L'abandon de mademoiselle par l'administration n'empêchera nullement M. Morel de continuer à utiliser ce mot dans sa vie de tous les jours s'il le souhaite. C'est sûr, à force d'apostropher les jeunes femmes à coups de mademoiselle, il finira par avoir l'air d'un vieux machin... A ce propos, il semble regretter qu'on ne lui dise plus jeune homme à la boulangerie. Mais ni l'emploi de jeune homme, ni celui de mademoiselle ne vous rendent la frimousse et la vigueur de vos vingt ans. La mise en parallèle de jeune homme avec mademoiselle est par ailleurs une erreur ou une imposture, puisque jeune homme n'a jamais figuré sur le moindre courrier. Elle sert à discréditer les tentatives de faire évoluer le langage, il en a déjà été question.
Là où je suis d'accord avec M. Morel, c'est sur le caractère triste et conformiste du mot madame. Moi non plus, je n'ai pas envie de dire madame à des adolescentes. C'est bien pour ça que je les appelle mademoidame. Mademoiselle est aussi triste et conformiste que madame.
Madame et mademoiselle sont des mots connotés qui relèvent d'une même aliénation. Ils forment un système binaire dans lequel une femme est toujours définie par rapport au mariage. Avec mademoidame, on arrive enfin à quelque chose de neuf. Un monde où les femmes s'affirment par elles-mêmes et où les hommes ne se sentent nullement menacés par cette évolution. Un monde où les poètes chantent encore les joues roses des jeunes filles, mais où ils ont aussi ont la délicatesse, à mesure que s'additionnent les années, de ne pas leur faire remarquer les ravages du temps qui passe... Belle idée, n'est-ce pas M. Morel ?
mercredi 7 mars 2012
Célébrations
jeudi 1 mars 2012
Ecrivain ou écrivaine ?
vendredi 24 février 2012
Mademoidame dans Libé : Mademadame ou Madadame ?
Mademoidame se situe sur un autre registre. Destiné à remplacer mademoiselle ET madame, le terme est à la fois plus radical et plus ludique que le madame généralisé. Il est à la disposition de qui veut s'en servir. Il est particulièrement intéressant pour les très jeunes filles, dans la mesure où c'est une appellation neutre et pérenne qu'elles pourront conserver toute leur vie.
Autre coquille journalistique, le Mademadame du titre. Je sais pour avoir été pigiste qu'un article est toujours retravaillé par un(e) rédac chef qui ne connaît pas le sujet et que les gens de presse sont par nature pressés. Il ne reste donc qu'à rire de ce mademadame malencontreux. Et tant qu'à rire, pourquoi pas madadame ?
http://pdf.lu/KW0q
lundi 20 février 2012
Votez pour Mademoidame
Mademoidame participe au concours de blog, Paroles de femmes, des femmes s'engagent, organisé par marieclaire.fr. Pour soutenir Mademoidame, rendez-vous sur http://www.marieclaire.fr/sap/parolesdefemmes/entrant/454637
jeudi 16 février 2012
Visite guidée
Bienvenue sur ce blog.
Si tant de lecture vous fait peur ou si vous préférez les vidéos, écoutez s'exprimer les pionnières. Et puis voici un portrait de pionnière, et puis encore un autre. If you don't speak a word of French, here is where you should go. Pour jeune homme et mondemoiseau, c'est là. S'il vous faut des références, sachez que j'ai grandi à l'ombre de Mademoidame de Beauvoir. Et s'il fallait résumer ce blog en quelques lignes, c'est sans doute là que je vous enverrais.
lundi 6 février 2012
Mademoidame prend l'avion
L'usage de mademoidame n'en reste pas moins hautement souhaitable. Dans l'avion, j'ai senti la moutarde me monter au nez quand le stewart, s'adressant à deux jeunes femmes qui bavardaient ensemble, a dit madame à l'une et mademoiselle à l'autre. Cette discrimination mériterait un courrier à Air France. Tout comme l'annonce du commandant de bord qui commençait par "Madame, Mademoiselle, Monsieur", on aurait dit la télé des années soixante. La route est longue. Il y en encore bien du chemin à parcourir...
samedi 14 janvier 2012
Mademoidame, mode d'emploi
mardi 3 janvier 2012
Bonne année Mademoidame !
lundi 19 décembre 2011
Mademoidame au-delà des frontières
Je profite de ce billet, Mesdemoidames et Messieurs, pour vous souhaiter un joyeux Noël.
mercredi 7 décembre 2011
Mademoidame toutes voiles dehors
Qu'est-ce qui vous a plu dans mademoidame ?
Le fait de ne plus définir une femme par son statut marital, par son rapport à un homme. Mademoidame rattrape un fossé avec les Etats-Unis, où on dit Ms. depuis longtemps. Et puis c'est très tendance !
Plus profondément, mademoidame confirme une tendance sociétale. Dans Mademoidame, nous femmes pouvons entendre « Madame de moi ». J’aime l’affirmation positive de cette dimension psychologique.
Vous arrive-t-il d'employer mademoidame ?
Je mets un point d'honneur à répondre à toutes les candidatures spontanées que je reçois, et comme la majorité des postulants sont des postulantes, je leur envoie une lettre qui commence par "Chère Mademoidame". J'en parle aussi autour de moi. C'est le meilleur moyen de répandre ce mot hautement utile.
Photo: Philippe Petit
mardi 29 novembre 2011
Jeune homme et Mondemoiseau sont dans un bateau
lundi 21 novembre 2011
Mad, (é)moi, dame
vendredi 11 novembre 2011
Le paradoxe de la femme divorcée
Déclarez-vous célibataire, et vos courriers resteront libellés à "Mademoiselle Schmoll" quoi que vous tentiez de dire ou de faire. Mariez-vous avec le premier venu, divorcez six mois plus tard, et on trouvera normal de vous appeller "Madame Schmoll" jusqu'à la fin de votre vie. Ou bien élevez-vous contre ce système absurde, et contribuez à généraliser l'usage de mademoidame.
samedi 5 novembre 2011
Comparaison n'est pas raison
samedi 29 octobre 2011
Jeune ou vieille, moche ou belle...
Adopter mademoidame, c'est revendiquer le droit d'être jeune, et aussi le droit de vieillir ; le droit d'être belle, et aussi le droit d'être moche. Et, par-dessus tout, le droit de ne pas se l'entendre dire.
mercredi 19 octobre 2011
Mademoidame se projette dans le futur (par Mademoidame Agnès)
lundi 10 octobre 2011
Dis, tu me payes un sondage ?
A la question "Cela vous dérange-t-il d'être appelée Mademoiselle ?", la majorité des femmes, tous âges confondus, répond "non". Mais la question prête à confusion. Ce n'est pas du tout la même chose d'être appelée Mademoiselle dans la rue, et Mademoiselle Unetelle. Autant l'appellation peut être flatteuse dans le premier cas, autant elle est problématique dans le second. Il aurait fallu poser deux questions plutôt qu'une. Les résultats complets du sondage sont disponibles sur http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/Results_HIFR_Grazia_07102011.pdf.
Notez que nous, les mademoidames, on regarde ça d'un peu loin... On n'en est pas à faire des campagnes nationales. Il paraît quand même que le mot mademoidame a été entendu dans des débats radiophoniques et télévisés. Si seulement mes informateurs pouvaient être plus précis ! Mademoidame est évidemment la meilleure solution. On y viendra, un jour. Il faut laisser mûrir.
mardi 4 octobre 2011
Madame ou Madame ou mieux encore : Mademoidame
Les oppositions sont toujours plus ou moins les mêmes : il y a les gens qui ne comprennent pas le problème, ou font semblant de ne pas le comprendre, et ceux qui proposent une autre solution que le madame généralisé.
Dans la première catégorie se rangent les indignations vertueuses du type : " Il y a des questions plus urgentes à régler pour les femmes : l'écart des salaires et la représentation politique par exemple ! " Cette posture, qui se veut réaliste, méconnaît complètement la force symbolique du langage. Et si les femmes gagnaient moins d'argent et étaient sous-représentées en politique précisément parce que le langage induit qu'une femme ne peut être que l'épouse (madame) ou la fille (mademoiselle) d'un homme ?
La première catégorie regroupe aussi les personnes qui suggèrent de dire mondemoiseau aux hommes non mariés. Mais Mondemoiseau ne constitue nullement une solution, c'est plutôt un démontage par l'absurde. Et puis, pourquoi voudrait-on infliger aux hommes ce dont on essaye de libérer les femmes ?
La deuxième catégorie, celle des gens qui comprennent le problème mais prônent une autre solution que le madame généralisé, comprend les pro mademoiselle et les partisans du citoyen-citoyenne. Si ces derniers connaissaient ce blog, ils seraient pro mademoidame. Mademoidame et monsieur équivalent à citoyenne et citoyen, la terreur révolutionnaire en moins. Optez pour mademoidame et soyez sans crainte, vous ne risquez pas d'y perdre la tête.
mardi 27 septembre 2011
Génération mademoidame
C'est tout de même étrange qu'on dise backstage plutôt que coulisses, qu'on adopte tous les mots anglais et tous les concepts américains - à l'exception du Ms. qui libérerait vraiment les femmes. Ms., en français, c'est mademoidame. Les féministes préconisent de dire madame à toutes, y compris aux petites filles, mais je me vois mal dire madame à une gamine. Ce serait d'une certaine manière la priver de sa jeunesse. Madame sent l'encaustique des intérieurs bourgeois d'autrefois. Madame est avant tout l'épouse de Monsieur. Mademoidame, au contraire, est un mot neuf et sans connotations. Commençons donc à dire mademoidame aux filles dès leur plus jeune âge, et laissons-les grandir avec ce mot. Qu'elles se marient ou pas, qu'elles aient ou non des enfants, appelons-les mademoidame tout au long de leur vie. Dans cinquante ans, le mot sera si courant qu'on aura oublié qu'il n'a pas toujours existé. Allez, ce soir je joue à Martin Luther King : "I have a dreeaaam !"
lundi 12 septembre 2011
lundi 5 septembre 2011
Rue Mademoidame

- Pardon Mademoidame, pourriez-vous m'indiquer le bureau de poste le plus proche ?
- Vous prenez la première à droite puis la deuxième à gauche.
- Merci.
- De rien.
Comme dans 90% des cas, cette personne ne s'étonne pas d'être appelée mademoidame. Il s'agit moins d'indifférence que du fait que tout est normal. Mademoidame est le mot le plus naturel qui soit. Comme s'il avait toujours existé. (Photomontage : Xavier Ramillon)
mardi 23 août 2011
Mademoidame de Beauvoir
Il n'est pas une seule fois question des civilités dans les mille pages du Deuxième sexe. Il aurait fallu que Beauvoir vive centenaire et constate les mutations démographiques pour être amenée à réfléchir sur la nécessité de faire évoluer le langage. Elle montre bien que l'homme est systématiquement posé comme le destin de la femme. Elle aurait admis sans difficulté que le distingo madame/mademoiselle est aliénant. A choisir entre l'extension du bourgeois madame à toutes les femmes et la nouveauté libératrice de mademoidame, je crois savoir ce qu'elle aurait préféré...
lundi 15 août 2011
Les vacances de Mademoidame
De retour à Paris, j'ai le plaisir de trouver un message d'encouragement : "Merci pour votre excellente idée. Le vocable est joli, le Ms. nous manque grandement." Puis mon chéri m'emmène au restaurant. Au serveur qui s'apprête à déposer les brochettes devant lui, il déclare: "C'est pour Mademoidame."
vendredi 22 juillet 2011
Madame Philippe Tartempion
Aucune femme n'est indifférente à la question des civilités.
Une des mes amies ne supporte pas de recevoir des courriers libellés à "Madame Philippe Tartempion". Elle a pris le nom de son mari parce qu'elle n'aimait pas son nom de naissance, mais de là à perdre son prénom... " C'est révoltant ! Parles-en sur ton blog ! " C'est sûr, elle préférerait être appelée Mademoidame Elisabeth Tartempion.
Et hop, une recrue de plus.
lundi 11 juillet 2011
Mademoidame s'installe
mardi 5 juillet 2011
Mademoidame et son chéri
jeudi 30 juin 2011
Evolutions
Pour quelles raisons voudrait-on donc conserver ces termes de madame et de mademoiselle, qui ravalent la femme à un rôle secondaire ? Qui autorisent un contrôle social de sa vie personnelle ? Quand on me demande "Madame ou mademoiselle ?", j'ai toujours l'impression qu'on veut regarder dans ma culotte. Mais ça ne vous regarde pas enfin ! Laissez-moi tranquille et appelez-moi Mademoidame !
samedi 25 juin 2011
Français(es), encore un effort !
Aujourd'hui, les demoiselles ne sont plus que très rarement de "vraies" jeunes filles, et le mariage ne sert plus guère qu'à recevoir des cadeaux ou à faciliter la situation d'un compagnon étranger. Quand 55% des enfants d'un pays naissent hors mariages (chiffres INSEE pour 2010), les termes madame et mademoiselle n'ont vraiment plus aucun sens - hormis celui de faire perdurer les discriminations dont les femmes sont victimes.
Pourquoi s'obstinerait-on à conserver un système de civilités qui ne correspond plus à la réalité ?
Pourquoi, alors qu'on ne cesse de parler d'égalité professionnelle et de parité, refuserait-on de faire évoluer le langage ? C'est une question de bon sens et d'équité. Alors prononcez le mot à voix haute, mademoidame. Gardez-le un peu en bouche comme vous le feriez d'un bon vin. N'est-ce pas qu'il est délicieux, passée la première surprise ?
vendredi 24 juin 2011
Dialogue de demoidames dans le métro
- Vous m'avez appelée comment ?!
- Mademoidame.
- Mademoidame ?
- Mademoidame. Ben quoi, on ne fait pas de différence entre les hommes jeunes et les hommes vieux, entre les hommes mariés et ceux qui ne le sont pas ; on leur dit Monsieur à tous. Et bien pour les femmes, maintenant, c'est pareil : on leur dit Mademoidame.
- Mais c'est super ! Pourquoi j'en ai pas entendu parler avant ?
- C'est encore un peu d'avant-garde, ça se répand petit à petit. Bon, j'arrive à ma station, il faut que je descende. Je vous dis au revoir, Mademoidame.
- Au revoir Mademoidame !
dimanche 19 juin 2011
Madame ou Mademoidame ?
Dès le début de Mademoidame, j'ai donc cherché à contacter les associations et les blogs féministes que je trouvais au hasard d'Internet. Et là, stupeur, j'ai découvert que le troisième terme n'avait pas l'heur de plaire à toutes. Les féministes semblent en majorité pro madame. Elles préconisent l'usage de madame pour toutes les femmes, y compris les petites filles. Sur une des pages web que j'ai fréquentées, le commentaire que j'avais laissé pour faire connaître mademoidame a été carrément supprimé !
Les seules à m'avoir répondu, merci à elles, sont les militantes d'Osez le féminisme. Elles entamaient au mois de mars une réflexion sur madame/mademoiselle. Un peu plus tard, elles m'ont invitée à une réunion, mais elles avaient déjà commencé à travailler sur une campagne pro madame, il n'y avait pas de place pour mademoidame.
Il y aurait pourtant un débat intéressant à avoir sur les avantages comparés de madame et de mademoidame.
C'est vrai, mademoidame semble étrange au début, mais madame n'est jamais que le pendant de mademoiselle.
Madame et mademoiselle instillent l'idée qu'une femme n'existe pas socialement par elle-même. Elle est soit en attente d'un mari (mademoiselle), soit déjà mariée (madame), comme si le destin d'une femme ne pouvait dépendre que d'un homme. On dit d'ailleurs d'une femme mariée (une madame) qu'elle est "casée" - quel vilain mot.
En fait, Madame et Mademoidame ont des usages différents. Madame, ça va bien sur un courrier des impôts. Dans la rue, Mademoidame est plus élégant : il évite aux très jeunes femmes de se sentir enfermées trop tôt dans le carcan du madame, aux moins jeunes de s'entendre remarquer qu'elles ont pris des rides - et à tous les autres de commettre des gaffes.
lundi 13 juin 2011
Ciel, mes maris !
Ce mouvement irréversible est amorcé depuis quarante ans. Il a profondément transformé la société française. Les appellations réservées aux femmes par tradition, Madame et Mademoiselle, font référence à une société qui n'existe plus que minoritairement. Elles sont obsolètes et discriminantes. Il faut les faire évoluer. Mademoidame s'y emploie.
mercredi 8 juin 2011
Portrait d'une pionnière
Camille Case est sur facebook http://www.facebook.com/media/set/?set=pa.1534684264#!/profile.php?id=1534684264&sk=wall
jeudi 2 juin 2011
Le spectre de la vieille fille
Passé vingt-cinq ans, "mademoiselle" est plus que douteux. Le spectre de la vieille fille hante notre imaginaire collectif. Avec son nez crochu, ses mitaines noires, sa verrue sur la lèvre et sa méchanceté proverbiale, la vieille fille incarne la sorcière, le repoussoir absolu. C'est à cela qu'on vous renvoie quand on s'obstine à vous appeler "mademoiselle" alors que vous ne l'avez pas demandé. Comme si aujourd'hui encore, en dépit des statistiques, il était louche de ne pas être mariée ou nantie d'au moins un enfant. Assez de ces images d'Epinal ! Puisque l'agence immobilière ne parvient pas à vous appeler Madame en dépit de votre chéquier, appelons-nous toutes Mademoidame.
dimanche 29 mai 2011
Historique
mardi 24 mai 2011
Les pionnières
Elles ont opté pour mademoidame parce que ça leur va bien !
(Avec Camille Case, Doréa Sisdee, Monique Le Lann, Lilou Bach, Christine R, Yaël, Mireille, Hélène, Chani, Sophia, Cécile et Gaëlle.)
Innovation linguistique
lundi 2 mai 2011
Mademoidame reçoit du courrier
mardi 19 avril 2011
Nécessaires civilités
On a beau se tutoyer de plus en plus, les civilités restent indispensables. Bonjour tout court est moins poli que bonjour Mademoidame ou bonjour Monsieur. Et comment aborder quelqu'un qu'on ne connaît pas ? Appeler "Hep, vous, là-bas !" serait carrément grossier. Heureusement qu'il y a les civilités. Surtout depuis que Mademoidame existe. Si vous aviez pu me voir, hier, hélant la serveuse à la terrasse d'un café : "On vous doit combien, Mademoidame ?" Ce mot est devenu tellement naturel que je l'emploie sans y penser. La serveuse a réagi immédiatement, comme si on l'avait appelée ainsi toute sa vie. Personne n'a même levé la tête. Essayez, c'est magique.






